Encamp
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Présentation de la Paroisse d'Encamp.
La paroisse d’Encamp, deuxième paroisse d'Andorre, est située au coeur de la Principauté.
Divisée en deux zones distantes de 25 km, c’est une paroisse vivante, avec une histoire, comme le démontrent ses édifices originaux, ses maisons et ses places, sa population. Malheureusement les intempéries de 1937 vont la rendre orpheline, historiquement parlant, en effet les eaux du Valira mirent à mal toutes les archives historiques communales, un vrai désastre.

Nous allons faire un petit survol historique de notre paroisse, suivant les informations et les publications existantes actuellement.

Dans la paroisse, au village de Vila, se trouve un site archéologique, le Roc de l’Oral, sommet d’un gros rocher qui domine la vallée d’Encamp, un promontoire rocheux où une communauté s’était rassemblée, par les vestiges qui sont restés jusqu’à nos jours, nous pouvons assurer qu’il s’agit d’une communauté nomade de l’époque ibéro-romaine du IIème siècle avant Jésus Christ.

A l’église de saint Marc et Saint Marie d’Encamp, on a trouvé récemment des parties de mur d’un mausolée romain, il aurrait pu servir entre les IIIème et IVème siècles de notre ère. (Un mausolée est un lieu destiné à recevoir les dépouilles mortelles des défunts).

Pratiquement, on n’a rien trouvé concernant la période comprise entre le IIIème siècle et le IXème siècle.

La première mention historique écrite, qui parle de la paroisse d’Encamp, date de l’an 860, année de la consécration de la Cathédrale Sainte Marie de la Seu d’Urgell. Elle était citée sous le nom de “Hencampo”. En l’an 952 le Comte d’Urgell fait donation d’un droit qui lui appartenait sur la paroisse d’Encamp, a l’évêque d’Urgell Guisad II. En l’an 1083, un autre document signifie un don des Comtes d’Urgell Ermengol IV et Adélaïde, en faveur de l’Evêque d’Urgell Bernat Guillem de ses droits sur la paroisse. En 1162 et en 1176, les habitants des vallées d’Andorre signent avec l’Evêque d’Urgell deux concordats, entre autre ils désignent comme représentants de la paroisse les personnes qui signent ce document. Pour le concordat de 1162 R.Pere, Joan de Les Bons, G. Ponç de les Bons, G. Arnaud, B. Isnard et G. Mir. Pour le concordat de 1176, signent R. Prevere de Les Bons, Pere Bernat, Pere Guillem, A. Isnard de Vila, Calço, Ponç Mir de Vila, A. Pere de Vila Estremera, A. Mir, R. Mir Joan Fedància, A. Isnar, A de Les Bons, Jospert, G. Arnaud, G. Isnar et G. Pere.

A la rectoria (lieu de résidence du recteur) de la paroisse est conservé un document très important, l’acte de consécration de San Roma de les Bons, du 23 janvier 1164. Dans ce document il est dit que l’Evêque, Bernard Roger, a consacré la chapelle en l’honneur de San Roma (Saint Romain) martyr. Nous sommes redevables à ce document qui nous permet de dater l’oeuvre du maître de Santa Coloma, auteur des fresques de San Roma de les Bons, San Cristofòl d’Anyos, San Miquel d’Angolasters et Santa Coloma. On peut être sûr qu’il s’agit du document le plus ancien conservé dans la paroisse et qui est un original.

Durant les Xième, XIIème et XIIIème siècles, seront construites chapelles et églises dans les différentes zones d’habitation de la paroisse. Sant Romà de Les Bons, Santa Eulalia d’Encamp, Sant Romà de vila ainsi que Sant Marc et Santa Maria, sont bâties et décorées selon les goûts de l’époque nef rectangulaire et abside semi-circulaire.
Encore aujourd’hui nous pouvons admirer leur fresques et leur architecture.
Les chapelles qui ont été peintes durant cette période avec ces fresques magnifiques, sont des témoins. On trouve entre autre une pièce importante avec le fronton de San Roma de Vila qui est l’unique exemplaire de peinture sur bois de la Principauté d’Andorre d’époque romanique et qui soit arrivée intacte jusqu’à nos jours.

Au XIIIème siècle, le 6 mai 1275, les Andorrans donnent au Comte de Foix le droit d’éxercer la justice. Sur le document ont signé en tant que représentants de la paroisse Arnau Guillem, Joan Pere, Marti de Les Bons, Arnau Berenguer, Guillem Parador, Pere Roca, Vidal del Pont, Calbo de Vila, Perez Calbo et Pere Jois.

Au XIVème siècle, plus précisément en l’an 1312, la paroisse rédige un acte sur la visite pastorale de l’Evêque d’Urgell. En 1364 les sindics et responsables de l’Université d’Andorre se réunissent sous le porche de l’église Santa Eulalia d’Encamp, pour montrer de cette manière au Comte de Foix, par ses représentants officiels, leurs désacords sur le non respect des différents usages et coutumes ancestrales du peuple d’Andorre. Ce porche au vu de la date du document pourrait être le plus ancien d’Andorre.
Il ne faut pas oublier qu’autrefois les Comù tenaient leurs assemblées, les consuls et les conseillers se réunissaient sous le porche des églises.

Malheureusement, des Xvème et XVIème siècles il ne reste pratiquement aucun document, à l’exception des archives privées de quelques maisons, (Les intempéries de 1937 ont pratiquement détruit la totalité des archives communales). Toutefois ont été conservé les registres des baptèmes, confirmations, mariages et décès, dans les archives de la paroisse de Sant Eulalia, commencant un an avant le concile de Trente, en 1554. De manière inninterrompue de cette époque jusqu’à aujourd’hui, il transcrit d’une manière rigoureuse le registre civil de la paroisse.
De cette époque du XVIème siècle, on peut citer : La chapelle Sant Miquel de la Mosquera, son retable, le porche, le retable et les peintures gothiques de Sant Roma de les Bons, la chapelle de Sant Jaume et Sant Felip des Cortals, deux cloches de l’église paroissiale Santa Eulalia...., nombreux sont les objets du patrimoine de cette époque encore présents dans nos églises et nos chapelles.
Autres constructions qui sont encore présentes aujourd’hui (mais, souvent beaucoup modifiées) exemple de ce qu’elles pouvaient être : Cal Cabo, Cal Jaumet, Cal Cauba, Cal Picart, Cal Marti, Ca de Mas, Cal Joanantoni, Cal Guillem, Cal Pere, Cal Salvado ....

Nous voici au XVIIème siècle. Dans plusieurs documents du tribunal de Corts, il est dit qu’ont été jugé des hommes et des femmes d’Encamp, pour des problèmes de sorcellerie et de magie. Normalement, ces faits sont passibles de la peine de “forca ben alta” (travaux forcés à perpétuité ?), suivant ce qui est écrit dans les minutes de la Cort.
En l’an 1633 se crée dans la paroisse la “Confreria de Maria Santissima del Roser”, à la chapelle portant le même nom dans l’église paroissiale de Santa Eulalia, celle ci a éxistée jusqu’en 1903.

L’église paroisiale de Santa Eulalia est restructurée dans ses paties nord et sud, on lui accole deux chapelles latérales et une sacristie, on pose une nouvelle cloche (datant de 1662) et on installe deux retables baroques, que l’on peut encre voir aujourd’hui.
Entre les années 1670 et 1673, les révérents |pàrrocs| Busquets, ecrivent le “Liber Status Animarum” ou livre de l’état des activités, sur lequel sont notés maison par maison, les noms et prénoms des membres de la même famille et ceux de la famille en état de suivre les préceptes de l’église, c’est un livre très rigoureux qui nous montre d’une manière très claire et précise la population de la paroisse.

En 1696, Mossen Ignassi Coromines, rédige “els Uso i Costums” les usages et coutumes qui régissent la vie pendant les fêtes religieuses tout au long de l’année dans la paroisse, le livre est connu comme le “Consueta de la Parròquia d’Encamp” (le livre des usages coutumiers de la paroisse d’Encamp).

Le XVIIIème siècle fût un siècle de croissance, principalement dans la seconde moitié, c’est à cette époque que furent édifiées de nombreuses nouvelles maisons à Tremat et à la Mosquera. Encamp était en pleine croissance, malheureusement nous ne savons pas quel est l’origine exacte de cette expension, nous pouvons seulement constater ces faits avec la découverte des dates des constructions dans ces habitations. Une hypothèse serait qu’elle serait due à la présence et l’exploitation de la Farga Picart (forge Picart). Les “encampedans” (habitants d’Encamp) sont employés comme transporteurs, pour faire des charbonnières (nombreux sont les restes de charbonnières aux Agols) de nombreuses personnes vinrent travailler et vivre à Encamp.
Les métiers en relation avec les forgerons et les transporteurs à dos de bêtes de somme, durèrent jusqu’à la deuxième moitié du XIXème siècle, époque où les forges andorrannes ont fermé faute de productivité.

Pendant ce siècle les églises et les chapelles de la paroisse furent repeintes en blanc et furent mis en place de nouveaux retables et beaucoup d’entre elles furent mise en conformité avec les goûts de l’époque.

Au XIXème siècle, à Encamp on continue à travailler le commerce du fer, les “encampedans” cultivent les terres et vivent de la même manière que leurs ancêtres : journaliers, transporteurs à dos de bêtes et bergers. A la fin du siècle il y a une prédominence du pouvoir politique de la paroisse. Celle ci durera jusqu’à la fin des années 30 du XXème siècle. Nombreux et importants sont les sindics et les conseillers d’Encamp qui régirent les destinées d’Andorre à cette époque. Xampaina, Joan Antoni, Picart, Tresà, Pere sont quelques uns des noms que l’on peut trouver dans les registre des actes du Consell General en tant que personalités marquantes.

Au Xxème siècle, nous constatons une émigration importante d’habitants d’Encamp pauvres et sans héritage. Ceux ci allèrent dans le sud de la France et à Barcelone pour être employés comme domestiques ou à travailler dans les mines de Luzennac, espérant une vie meilleure. Beaucoup d’entre eux reviendront après avoir constaté qu’ils ne se trouveraient jamais mieux que dans leurs bonnes vallées.

Durant le premier tiers du siècle, l’Evêque d’Urgell vend les principales fresques romanes de la paroisse, elles furent achetées par la “Junta de Museus” qui s’appelle aujourd’hui le “Museu National d’art de Catalunya”, les oeuvres cédées les plus remarquables sont le fronton de l’autel de Sant Roma de Vila et les fresques de Sant Roma de les Bons. Le fronton de l’autel de Vila fut gardé par une milice locale, en effet les habitants ne voulaient pas le voir partir, mais une triste nuit de 1922 cette oeuvre fut enlevée et passa à l’étranger pour ne plus revenir. La population était désolée.

L’année 1937, au mois d’octobre pour être plus précis, la ville a connu les innondations les plus terribles de toute son histoire. Les eaux emportèrent de nombreux animaux, des maisons et la Casa Comuna (maison de la commune) avec toutes les archives. Pendant cette période, les états voisins entrent en guerre, l’Espagne avec la guerre civile et la France la deuxième guerre mondiale. Andorre est une terre d’accueil. Les premiers pionniers s’installent au Pas de la Case , ils fondent une ville là où n’y avait que des pierres, un climat rude et une simple cabane de bergers, la cabane du berger Valenti.

Lorsque s’améliorent les moyens de communication, tant à l’intérieur du pays qu’avec l’extérieur, arrivent les premiers touristes. Alors est construit l’hôtel Rosaleda, un hôtel de luxe, de nombreux résidents se souviennent encore que “A Rosaleda on ne pouvait pas y aller, non pas parcequ’on nous refusait, mais parce qu’avec son niveau de luxe, on ne pouvait pas se le permettre”.
De nombreux bourgeois et personnes de renom de Barcelone venaient y passer l’été recherchant la nature et le pays de montagne, avec le luxe et le confort de la ville que l’hôtel leur offrait.

La population commença à grandir et à créer des activités dans les différents domaines dont nous allons parler.

En 1934 est terminé la construction de la première centrale hydro-électrique du pays, FHASA. Se servant des eaux du lac d’Engolasters et des lacs de Juclar, canalisées vers la centrale qui les converti en électricité. Celle ci est toujours en activité aujourd’hui.

C’est en 1939, qu’au Roc del Pui, est innauguré un bâtiment emblématique : Ràdio Andorra. Celle ci commencait ses émission par le célèbre “Aqui Radio Andorra” (ici Radio Andorre), le pays commença à se réveiller de son sommeil séculaire et il commença à entrer en relation avec le reste du monde. La puissance de cette station de radio arriva de nombreuses fois jusqu’à des pays très lointains comme l’Argentine et la Nouvelle Zélande, ainsi il va arriver quelques fois des courriers de soutien venant de ces pays.
Durant la seconde guerre mondiale, depuis un petit pays perdu dans les Pyrénées, elle permet d’oublier un peu les catastrophes et les misères que subit l’Europe à ce moment là. Radio Andorre est restée neutre et a offert musique et divertissements en un temps où il n’y en avait pas. Elle redit la neutralité séculaire d’Andorre, envoie un message de paix et de concorde. A contrario et de manière clandestine, elle fait passer certains messages codés. Elle fût abandonnée par les siens. Elle cessa d’émettre en 1981.

Pendant la seconde moitié du XXème siècle, Encamp a une croissance comme on n’en avait jamais vu précédemment. Au cours des années 50, au Pas de la Case et à Grau Roig, pionnières en téléski et en tourisme de loisirs, s’ouvrent des stations de ski. Le Pas de la Case depuis l’ouverture des pistes de ski, va grandir progressivement juqu’à nos jours, devenant un important lieu de négoce et de commerce. Un centre prospère, où une population s’installe à demeure, malgré son enclavement dans les montagnes à plus de 2000 mètres d’altitude.

Encamp est le centre d’accueil de nombreux travailleurs immigrants venus d’Espagne, de France et du Portugal. La ville se développe d’une magnière vertigineuse, cette population s’installe dans la paroisse, paroisse tranquille tout en étant dynamique et vivante.

En 1998, innauguration du Funicamp, un télécabine qui a fait d’Encamp une station de ski, en effet en 15 minutes, le télécabine vous permet de profiter du sport d’hiver par excellence, le ski.
Celui-ci est un télécabine moderne et pionnier, il fût le premier à être construit dans les vallées d’Andorre.
Encamp est une paroisse pionnière, il suffit de regarder la construction de la Maison de la Commune, c’est un édifice moderne, qui se remarque dans le paysage. Avec sa base triangulaire et sa façade principale toute en verre, c’est un édifice vivant. Les vitres reflètent chaque changement de temps et les variations de la nature alentour. Dessiné en 1988 par Roberto, Suso et Vergara, il accueille l’administration de la paroisse. Il fût le premier édifice ayant ces carractéristiques dans la Principauté d’Andorre.

Tout au long de ces 15 dernières années, on a innauguré des centres sportifs et culturels tant à Encamp qu’au Pas de la Case , quelque unes des meilleures équipes de différentes diciplines sportives viennent y faire leurs préparations.
Au niveau culturel on trouve trois musées : celui de l’automobile, la Casa Cristo et le musée d’art sacré.
Le musée de l’automobile possède des pièces uniques, en voitures, motos et byciclettes, on peut considérer sa collection comme une des plus importante d’europe.
Casa Cristo est une ancienne maison de paysans reconvertie aujourd’hui en musée ethnographique . Avec le mobilier et les outils d’origine de la maison, nous pouvons découvrir ce qu’était la vie en Andorre avant les grands changements du XXème siècle.
Le Musée d’art Sacré est un petit musée où sont exposées des collections d’objets liturgiques venant des chapelles d’Encamp. Sont conservés, des documents les plus anciens du XIIème siècle, de l’orfèvrerie et une reproduction en fac-similé de la “Beatus” de la Seu d’Urgell, un véritable plaisir.

En définitive, Encamp est une citée vivante, prospère et en expension, qui s’adapte facilement aux changements et difficultés, une ville qui conserve et respecte ses traditions. Comme preuve on peut citer le Carnaval, avec la représentation des Contrebandiers et l’ourse, en souvenir de la manière de vivre en Andorre des habitants d’Encamp, en souvenir de nos origines. Ces manifestations traditionnelles nous permettent aussi de penser et réfléchir à notre avenir, à ce que nous voulons devenir.

Robert Lizarte Fernàndez.
Tècnic de Promoció Cultural.

Traduction : Michel Bonnefoy
Météo Encamp © meteocity.com
Réalisation : Vitrine-Internet - Photos et textes : Michel Bonnefoy.
23 Septembre 2017 23:44:37
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